Qui veut enchérir ?

«En réalité, c’est probablement la procédure d’achat la plus transparente qui soit», affirme la responsable du siège zurichois de Bonhams. La maison londonienne, présente dans le monde entier, existe depuis 1793 — preuve de sa crédibilité. Pourtant, les Suisses restent prudents face aux enchères, même si elles n’ont rien d’exotique : dans les campagnes, le bétail se vend ainsi depuis toujours. Vous ne trouverez pas de vaches chez Bonhams, mais un vaste éventail d’objets — des voitures de collection aux montres, bijoux, vins fins et whiskies, jusqu’aux œuvres d’art de toutes les époques.

L’éventail des budgets est tout aussi large : les mises commencent autour de 200 francs et se chiffrent en millions pour les pièces exclusives. Un prix de réserve est toujours fixé, et le prix maximal recommandé est indiqué par les experts — ce que les amateurs offrent réellement relève ensuite de la «valeur du passionné». «Les objets qui s’inscrivent dans l’histoire et qui racontent quelque chose ont une valeur qui dépasse le monétaire : pour l’acquéreur, elle est souvent purement émotionnelle», explique Bodmer.

Andrea Bodmer, Bonhams Representative et Head of Zurich. Après des études de droit, elle est arrivée chez Bonhams via Sotheby’s et a fondé le siège zurichois en 2015.
Andrea Bodmer, Bonhams Representative et Head of Zurich. Après des études de droit, elle est arrivée chez Bonhams via Sotheby’s et a fondé le siège zurichois en 2015.

Comment se lancer

Les objets plus petits et abordables sont une bonne porte d’entrée pour les novices — affiches, lithographies et estampes de la catégorie «Prints and Multiples». Une fois l’objet du désir identifié, il y a quatre façons d’enchérir : sur place (chez Bonhams surtout à Londres, New York, Los Angeles), par offre écrite (Absentee Bid), en direct en ligne via ordinateur ou app, ou par téléphone avec un collaborateur de Bonhams qui enchérit par procuration. L’Absentee Bid est le plus pratique — mais le moins palpitant. Car une part de l’attrait réside justement dans le frisson : les offres se surenchérissent et il faut décider en un instant si l’on monte encore.

«Prints and Multiples» : des estampes de Kusama, Miró, Hockney ou Wesselmann — une porte d’entrée souvent abordable dans le monde des enchères.
«Prints and Multiples» : des estampes de Kusama, Miró, Hockney ou Wesselmann — une porte d’entrée souvent abordable dans le monde des enchères.

Les experts vous guident

Un vaste réseau d’experts garantit une expérience sûre : ils examinent chaque objet, vérifient authenticité, provenance, état et valeur et établissent les «Condition Reports» que les intéressés peuvent demander. «En tant que profane, il ne faut surtout pas hésiter à poser des questions — quel que soit le prix de l’objet», dit Bodmer. «Les enchères sont un monde à part. Il suffit de deux enchérisseurs pour que cela devienne intéressant ; à sept ou dix, cela devient vraiment vivant. Aujourd’hui encore, je me prends au jeu chaque fois que j’enchéris au téléphone pour nos clients. C’est précisément cela, le charme des enchères.»

Cet article est paru en novembre 2021 dans le numéro MEN 1/21.

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